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Définitions des termes :
- sans : A l'exclusion de, exprime l'absence.
- art : 1) Au sens ancien, tout savoir-faire humain, toute pratique produisant un résultat non naturel (artificiel). 2) Au sens esthétique moderne, production ou création d'oeuvres destinées à plaire (beaux-arts), c'est-à-dire à susciter par leur aspect, une appréciation esthétique positive.
- beau : 1. Norme permettant le jugement esthétique ; cf. valeur. 2. Sens concret : objet du jugement esthétique ; ce qui provoque une émotion esthétique par l'harmonie des formes, l'équilibre des proportions. 3. (Par ext.) Ce qui suscite une idée de noblesse, de supériorité morale (un beau geste). 4. Pour KANT, le jugement de goût ne détermine pas son objet en le pensant sous un concept universel, puisqu'il porte toujours sur un cas particulier ; c'est un jugement réfléchissant dont l'universalité réside dans l'accord des sujets ; c'est pourquoi le beau est défini comme « ce qui plaît universellement sans concept » ; « la beauté est la forme de la finalité d'un objet en tant qu'elle est perçue en lui sans représentation d'une fin. »
Extrait du corrigé : Doit-on admettre qu'il en va de même pour tout individu, même s'il n'en prend pas nécessairement conscience, ou s'il s'illusionne sur le caractère spontané de sa conception de la beauté ? [I. La beauté sans l'art] Pour Platon, le Beau est une Idée parfaite et éternelle, qu'une représentation matérielle ne peut qu'évoquer lointainement, et dégrader - précisément en raison de son inscription dans la matière imparfaite. Dans cette optique, l'art lui-même, dans ses réalisations humaines, est nécessairement postérieur à l'existence de la beauté. En prenant appui sur une telle conception, on en vient à considérer que la beauté d'un être naturel est plus proche de la beauté idéale que celle qui pourra se rencontrer dans une oeuvre d'art, puisque cette dernière ne sera qu'une «copie de copie », double dégradation de l'Idée transcendante.Il paraît pourtant difficile de s'en tenir à une telle définition de l'art, condamné à seulement « imiter » le monde sensible, car l'histoire de l'art, y compris lorsqu'il est bien figuratif, montre qu'on ne peut rendre compte des oeuvres par la notion restrictive d'imitation : le peintre, le sculpteur, le dessinateur ajoutent à ce qu'ils perçoivent des éléments qui modifient l'objet ou le spectacle « représenté ». De telles modifications ne sont pas suscitées par la motif, mais bien par les exigences de la représentation artistique, c'est-à-dire par des règles d'organisation et de construction, culturellement variables, qui définissent les « écoles » ou les « styles » artistiques. Kant soulignait dans ce sens que l'oeuvre n'est pas la représentation d'une belle chose, mais qu'elle constitue la belle représentation d'une chose, ce qui indique clairement que la beauté artistique est inédite, mais n'affirme pas cependant que ce soit elle qui constitue l'origine de toute notion de beauté.En fait, le problème considéré consiste à se demander si la beauté ne peut apparaître ou être conçue que grâce à l'art - dont l'inexistence aurait, entre autres conséquences, notre incapacité à évoquer si peu que ce soit et où que ce soit la présence du beau. Ce qui semble rendre le problème difficile à résoudre, c'est qu'on admet qu'il existe des pratiques artistiques très tôt dans les sociétés humaines - puisqu'on en trouve des preuves dès les groupes de la préhistoire -, et que nous avons peu de chance de rencontrer une société ignorant l'art pour examiner si elle pourrait, malgré cela, parler de beauté.
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