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Définitions des termes :
- technique : Du grec "tecknè", "art, métier". Procédés de travail ou de production qui supposent un savoir-faire. La technique désigne aussi les applications de la science proprement dite.
- peut : Est-il possible, est-il légitime.
- nature : 1° L'inné par opposition à l'acquis (nature opposée à culture, ou chez les anthropologues anglo-saxons nature opposée à nurture); 2° Essence, ensemble des propriétés qui caractérisent un objet ou un être (la nature de l'homme par exemple); 3° L'ensemble des phénomènes matériels, liés entre eux par des lois scientifiques. En ce sens, le naturel peut s'opposer au surnaturel qui désigne une intervention transcendante de la divinité; 4° Spinoza distingue la nature naturante, c'est-à-dire la substance infinie et la nature naturée, les divers modes par lesquels s'exprime cette substance. Le mot nature est ambigu. Le naturalisme du xviiie siècle par exemple est contradictoire. D'une part son épistémologie réduit la nature à un mécanisme (des faits soumis à des lois nécessaires) indifférent aux valeurs humaines. D'autre part, sa morale prétend se fonder sur la nature, c'est-à-dire sur des tendances spontanées, supposées bonnes; la nature devient alors la Mère-Nature, une sorte de providence bienveillante.
Extrait du corrigé : C'est cette idée même qui amorce la science moderne qui a pour but de concrétiser dans des objets techniques les découvertes scientifiques. En Occident, cela généré un étrange enchevêtrement de la connaissance et de la puissance, qui marque la technique moderne et dont les Grecs n'eurent d'ailleurs aucun pressentiment. À l'aube des Temps modernes, Descartes, sur la lancée de Bacon qui opposait la science active aux spéculations stériles (Novum Organum, II, chap. 44) et de Galilée qui, s'il manquait d'« ordre » (Descartes, Lettre à Mersenne du 11 octobre 1638), entendait pourtant déjà la nature lui parler en « langue mathématique », annonce aux hommes qu'ils sont sur le point de devenir « comme maîtres et possesseurs de la nature » (Discours de la Méthode, VI). Dans la pratique, la création des premières machines ont été un moyen de rendre l'homme plus maître de son destin et moins dépendant des conditions d'existence. Par exemple, l'utilisation des machines, et notamment de la force hydraulique, connaît un essor important à partir des XVIe et XVIIe siècles. C'est avec Bacon et Descartes que la machine sera considérée essentiellement comme un moyen de libérer l'homme des forces de la nature ; la clef de l'amélioration des conditions de l'existence humaine est à chercher dans le développement des techniques, et de la possession de la nature. La technique moderne a d'ailleurs largement dépassé toutes les espérances de Descartes qui n'en demandait peut-être pas tant. « Les hommes ont fait l'essai des valeurs cartésiennes », disait Saint-Exupéry, qui ajoutait : « Hors les sciences de la nature, ça ne leur a guère réussi » (Lettre au général X). La technique moderne, pour Heidegger a trop pris au mot la devise cartésienne au point de détruire la nature elle-même.
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Le corrigé du sujet "La technique peut-elle nous rendre maîtres et possesseurs de la nature ?" a obtenu la note de : aucune note
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Ce sujet fait directement référence à la célèbre formule du Discours de la méthode, pour qui la science rendra les hommes « comme maîtres et possesseurs de la nature » Il faut tout d’abord comprendre cette phrase avec l'apparition de la méthode expérimentale et le développement des sciences positives au 17e siècle. Abandonnant l'idéal de connaissance pure ou désintéressée, la science s'est lancée dans une vaste entreprise de transformation, c'est-à-dire de domination du monde. Elle se rapproche de plus en plus de la technique, au point qu'on la désigne parfois aujourd'hui sous le nom de techno-science. La science moderne semble en passe de réaliser le rêve cartésien de rendre l'homme comme « maître et possesseur de la nature ». Elle devient à ce titre le dépositaire de tous les espoirs de l'humanité, la technique a-t-elle réussi ce pari, n’est-ce pas aussi dangereux d’être maître et possesseur de la nature, n’est-ce pas « arraisonner le monde » comme le pensait Heidegger ?
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