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Sujet : Quelle est la fin de la loi : la liberté ou la paix ?

Extrait du corrigé : Les hommes se battent donc pour obtenir ce qu'ils désirent à état de nature = climat de guerre. Ce droit de nature est contradictoire : les passions venant de l'affirmation individuelle contredisent la conservation de chacun et s'anéantissent quand elles sont réunies. * Ayant conscience qu'ils peuvent être en proie à une mort violente, les hommes décident de s'unir par un contrat social qui limiterait le droit de nature (la sauvegarde de ma propre nature ne doit pas nuire à celle d'autrui). Mais un pouvoir coercitif est nécessaire pour faire respecter ce contrat : c'est le Léviathan, chacun des individus doit lui remettre son pouvoir de se gouverner lui-même, et le reconnaître comme auteur de ses propres actes. Le Léviathan agit au nom de tous les individus qui ne peuvent le contredire.             è La paix est ainsi obtenue, mais les individus ont remis leur liberté au Léviathan.         II/ L'Etat ne peut pas nier notre liberté sans nier notre qualité d'homme :             Cependant, comme l'explique Rousseau dans le Contrat Social, « renoncer à sa liberté, c'est renoncer à sa qualité d'homme » I, IV.  L'Etat ne peut donc pas légitimement privilégier la paix entre les individus au détriment de leur liberté sans faire de ceux-ci des sous-hommes. * Rousseau tente d'allier paix et liberté. A l'état de nature, les intérêts particuliers se rencontrent et se heurtent, mettant en danger la liberté et la paix entre les individus.

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Définitions

  • fin : 1. Terme, limite, cessation, interruption d'un phénomène ; opposée à commencement. 2. But vers lequel tend un acte (SYN. dessein) ; ce en vue de quoi quelque chose est fait ; opposée à moyen. Rem. : les sens 1 et 2 sont souvent confondus, comme dans l'adage : « La fin est première dans l'intention, dernière dans l'exécution » ; la confusion entraîne celle de la cessation d'une action, du dessein qui préside à son exécution et du but qu'elle atteint ; c'est cette confusion qui est au coeur de l'idée ant. selon laquelle la fin d'un être est sa perfection, son achèvement. 3. (Par anal.) Ce qui explique pourquoi une chose est telle qu'elle est : organisation de son activité ou de ses parties ; cf. finalité. 4. Fin dernière : fin ultime au sens de but ou de terme absolu, tel que le souverain bien ; SYN. fin suprême ; fin en soi : pour KANT, fin objective, nécessaire, inconditionnelle ; opposée à fin subjective, empirique. 5. Règne des fins : état dans lequel les volontés des êtres raisonnables sont censées s'accorder entre elles et avec l'ordre du monde (SYN. monde des esprits) ; il s'agit pour KANT d'un idéal pratique posant la liaison systématique, par des lois objectives communes, des êtres raisonnables en tant qu'ils sont une fin en soi, et qu'ils peuvent se proposer des fins. 6. Final : a) Qui constitue ou concerne un terme ; SYN. ultime, dernier, opposé à initial. b) Cause finale : qui provoque ou explique un fait à la manière d'un but à atteindre, ou comme moyen par rapport à une fin ; opposée à cause efficiente ; cf. cause, finalisme, téléonomie. 7. Finalité. : a) Fait de posséder une fin, une signification, d'être organisé selon un dessein, un plan ; on distingue : la finalité externe qui a pour fin un être autre que celui dont il est question ; la finalité interne à un être dont les parties sont considérées réciproquement comme moyen et fin (cf. un organisme) ; la finalité immanente qui résulte de la nature et du développement de l'être même (adaptation du vivant à son milieu) ; la finalité transcendante qui est réalisée dans un être par l'action qu'exerce sur lui un autre être. b) Principe de finalité : la nature ne fait rien en vain, c.-à-d. tout être a une fin ; d'où, à l'inverse, l'idée d'une preuve de l'existence de Dieu à partir de l'existence de la finalité dans la nature ; cf. téléologique (argument ). 8. Finalisme : a) Caractère de ce qui dépend d'une fin. b) Toute doctrine qui affirme l'existence d'une cause finale de l'univers, ou (par ext.) qui utilise les causes finales comme principes explicatifs ; opposé à mécanisme.
  • loi : 1. (Juridique) Prescription promulguée par l'autorité souveraine d'un pays et dont la transgression est poursuivie ; synonyme de loi positive ; par analogie, lois divines : décrets supposés émaner de la volonté divine et gouvernant tant la nature que les actions humaines. 2. Par ext., règle suivie avec une certaine régularité dans une société, et dont la transgression est considérée comme une faute, même si elle n'est pas obligatoirement suivie de sanctions : les lois de l'honneur, les lois morales. 3. Norme à laquelle on ne peut se soustraire : « L'impératif catégorique seul a valeur de loi pratique » (KANT) ; les lois de la pensée. 4. Loi de la nature, loi scientifique : a) Proposition générale constatant une nécessité objective : tout phénomène a une cause. b) Fonction math. permettant, à partir de données initiales, de calculer la valeur de certaines variables, et pouvant servir à la prévision : « La loi nous donne le rapport numérique de l'effet à la cause » (Cl. BERNARD) ; les positivistes opposent l'explication par les causes à celle par les lois dans lesquelles ils voient « des relations constantes qui existent entre des phénomènes observés » (A. COMTE). 5. Loi naturelle : a) Prescription du droit naturel. b) Loi de la nature.
  • liberté : Ce mot, en philosophie a trois sens : 1° Libre arbitre. Pouvoir mystérieux de choisir entre les motifs qui me sollicitent sans être déterminé par aucun d'eux. 2° Liberté de spontanéité. S'oppose non plus au déterminisme mais à la contrainte : état de celui qui agit sans être contraint par une force extérieure. 3° Liberté du sage. État de celui qui est délivré des passions et agit à la lumière de la raison.
  • paix : Absence de conflit armé entre des nations, des États, des groupes humains. Par extension, concorde, entente.

Problématique

Bien définir les termes du sujet :

 

- « Fin de l’Etat » : c’est le but de l’Etat, ce qu’il vise à travers chacune de ses action, c’est aussi ce que l’on pourrait appeler sa raison d’être, ce pour quoi il a été créé.

- La « paix » est synonyme de concorde, d’entente, ou d’accord. C’est lorsque les rapports entre individus ou nations sont caractérisés non seulement par l’absence de combat effectifs, mais aussi par l’absence de toute disposition au combat.

- « La liberté » au sens général, est le pouvoir de se déterminer rationnellement, sans y être contraint par une force extérieure. Plus particulièrement, c’est aussi le pouvoir d’agir à sa guise dans la limite des lois, sans nuire à autrui.

 

Construction de la problématique :

 

Les termes de paix et de liberté sont tous deux en rapport étroit avec l’Etat. En effet, ce dernier, non seulement permet une liberté viable - c’est-à-dire une liberté avec les autres, qui ne soit pas contradictoire et autodestructrice - mais permet aussi la sécurité et la paix en gérant les conflits entre les individus et les nations. Cependant, le sujet implique un choix : paix ou la liberté.

Se pose donc non seulement le problème de savoir quelle est la fin privilégiée de l’Etat - celle qui est la plus importante, la paix ou la liberté - mais aussi si cette supériorité de l’une sur l’autre est légitime et possible, ou si au contraire il existe une interdépendance entre les deux notions.



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