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Sujet : La tolérance implique-t-elle qu'on laisse les autres dans l'erreur ?

Définitions des termes :
  • tolérance : 1. Fait, pour un individu, d'accepter des atteintes légères à ses droits, ou, pour une autorité, de légers écarts par rapport à la loi. 2.Écart maximum par rapport à l'application d'un règlement, permis par la loi ou établi par l'usage. 3. Attitude consistant à admettre chez les autres des opinions qu'on ne partage pas. 4. Règle de conduite ou principe de philosophie pol. consistant à admettre la liberté d'opinion et d'expression, notamment en ce qui concerne les pratiques religieuses. 5. Principe de tolérance : principe dû à CARNAP, exprimant un conventionnalisme radical et consistant à admettre qu'en logique chacun est libre de choisir son langage.
  • autrui : Un autre homme, une autre personne. En philosophie, "autrui" est ce qui est différent de moi et que l'appréhende par ma subjectivité. L'homme est ce que j'ai en commun avec les autres, tandis qu' "autrui" est ce qui me différencie des autres, ce que je ne peux connaître totalement, à cause de ma subjectivité.
  • erreur : Affirmation fausse. A la différence du mensonge, l'erreur implique la bonne foi; l'erreur, dit Platon, est une ignorance double, c'est-à-dire une ignorance qui ne se sait pas ignorante, une ignorance doublée d'une illusion.

Extrait du corrigé : C'est là qu'il atteint son degré maximal de dangerosité. François Jacob, Le Jeu des possibles :               « Rien n'est aussi dangereux que la certitude d'avoir raison. Rien ne cause autant de destructions que l'obsession d'une vérité considérée comme absolue. Tous les crimes de l'histoire sont des conséquences de quelque fanatisme. Tous les massacres ont été accomplis par vertu, au nom de la religion vraie, du nationalisme légitime, de la politique idoine, de l'idéologie juste ; bref au nom du combat contre la vérité de l'autre, du combat contre Satan.[...]             A la fin de ce XXe siècle, il devrait être clair pour chacun qu'aucun système n'expliquera le monde dans tous ses aspects et tous ses détails. Avoir contribué à casser l'idée d'une vérité intangible et éternelle n'est peut-être pas l'un des moindres titres de gloire de la démarche scientifique. » Faut-il alors rester tolérant et accepter que l'erreur s'installe ? III - La véritable tolérance : accepter l'ignorance 1)      Eliminer les préjugés, savoir admettre de ne pas savoir               Platon, Apologie de Socrate, 20d-22b :               « Or, un jour qu'il était allé à Delphes, il osa poser à l'oracle la question que voici - je vous en prie encore une fois, juges, n'allez pas vous récrier -, il demanda, dis-je, s'il y avait au monde un homme plus sage que moi. Or la pythie lui répondit qu'il n'y en avait aucun.

	La tolérance implique-t-elle qu'on laisse les autres dans l'erreur 	?

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Définitions

  • tolérance : 1. Fait, pour un individu, d'accepter des atteintes légères à ses droits, ou, pour une autorité, de légers écarts par rapport à la loi. 2.Écart maximum par rapport à l'application d'un règlement, permis par la loi ou établi par l'usage. 3. Attitude consistant à admettre chez les autres des opinions qu'on ne partage pas. 4. Règle de conduite ou principe de philosophie pol. consistant à admettre la liberté d'opinion et d'expression, notamment en ce qui concerne les pratiques religieuses. 5. Principe de tolérance : principe dû à CARNAP, exprimant un conventionnalisme radical et consistant à admettre qu'en logique chacun est libre de choisir son langage.
  • autrui : Un autre homme, une autre personne. En philosophie, "autrui" est ce qui est différent de moi et que l'appréhende par ma subjectivité. L'homme est ce que j'ai en commun avec les autres, tandis qu' "autrui" est ce qui me différencie des autres, ce que je ne peux connaître totalement, à cause de ma subjectivité.
  • erreur : Affirmation fausse. A la différence du mensonge, l'erreur implique la bonne foi; l'erreur, dit Platon, est une ignorance double, c'est-à-dire une ignorance qui ne se sait pas ignorante, une ignorance doublée d'une illusion.

Problématique

La tolérance est une vertu qui prime dans notre société. Elle est considérée comme une sorte de victoire sur l'intolérance – ne pas être tolérant c'est être intolérant certes mais surtout fermé d'esprit. Il y a impératif de tolérance. Ne pas être tolérant, c'est quasiment être inhumain. Cependant la tolérance suppose certains pré-requis. En effet être tolérant, cela reviendrait si on pousse la tolérance dans ses extrémités à tout accepter jusqu'à l'intolérance même. Il est donc possible de comprendre cet impératif de tolérance comme un impératif de scepticisme, de relativisme. Tout se comprend, tout se vaut. Outre cela la tolérance peut aussi impliquer une sorte de sentiment de supériorité. Le tolérant se sentant supérieur à ce qu'il tolère. On le voit cette vertu de tolérance peut tomber dans l'immoralisme même, dans l'égoïsme même. Ces deux écueils nous poussent-ils à remettre en cause cette valeur ? Dans quelle mesure la tolérance ne peut-elle faire l'économie d'une forme d'intolérance au risque de tout accepter même les erreurs des autres ?



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