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Sujet : Le travail peut-il être pour l'homme autre chose que le moyen de subvenir à ses besoins ?

Extrait du corrigé : [...] La nature commande à tout animal, et la bête obéit. L'homme éprouve la même impression, mais il se reconnaît libre d'acquiescer, ou de résister; et c'est surtout dans la conscience de cette liberté que se montre la spiritualité de son âme. »   L'homme et l'animal diffèrent en ce que le premier est libre et le second agît par instinct, c'est-à-dire, est commandé par sa propre nature. En conséquence, pour notre problème, le travail apparaît chez l'homme comme un projet volontaire : l'individu choisit librement de s'accomplir lui-même par le travail. Au contraire, chez l'animal, ce que nous appelons à tort travail n'est qu'une activité instinctive visant à sa propre conservation. Le travail n'est donc pas uniquement voué à satisfaire nos besoins, mais il est également la preuve répétée de notre liberté, c'est-à-dire, de se qui nous différencie de l'animal. Le travail est donc bien un moyen et non seulement une nécessité. Il est le moyen de notre liberté. Transition : C'est une distinction de droit qu'opère ici Rousseau.

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Définitions

  • travail : Du latin populaire tripalium, «machine à trois pieux » destinée à immobiliser les chevaux pour les ferrer, d'où « instrument de torture ». Toute activité visant à la production d'une oeuvre utile. Spécialement, ensemble des activités accomplies par l'homme pour produire des biens et des services en contrepartie desquels il est rémunéré. * Le travail est souvent associe a la peine et a la souffrance. Dans la Bible d'ailleurs, Dieu punit le premier péché en chassant Adam du jardin d'Eden et en l'obligeant à cultiver désormais une terre stérile : « Tu gagneras ton pain à la sueur de ton front ». * Pour Marx, le travail humain contribue à transformer l'homme tout autant que la nature. En effet, contrairement à l'animal, qui agit par pur instinct, l'homme détermine dans sa conscience le but qu'il veut atteindre avant de le réaliser. « Ce qui distingue dès l'abord le plus mauvais architecte de l'abeille la plus experte, écrit Marx, c'est qu'il a construit la cellule dans sa tête avant de la construire dans la ruche. » * Le travail salarié constitue, selon Nietzsche, « la meilleure des polices » : « il tient chacun en bride et s'entend à entraver puissamment le développement de la raison, des désirs, du goût de l'indépendance ».
  • être : Du latin esse, « être ». 1) Verbe : exister, se trouver là. En logique, copule exprimant la relation qui unit le prédicat au sujet (exemple : l'homme est mortel). 2) Nom : ce qui est, l'étant. 3) Le fait d'être (par opposition à ce qui est, l'étant). 4) Ce qu'est une chose, son essence (exemple : l'être de l'homme). 5) Avec une majuscule (l'Être), l'être absolu, l'être parfait, Dieu.
  • homme : Le plus évolué des êtres vivants, appartenant à la famille des homini­dés et à l'espèce Homo sapiens (« homme sage »). Traditionnellement défini comme « animal doué de raison », l'homme est aussi, selon Aristote, un « animal politique ». Ce serait en effet pour qu'il puisse s'entendre avec ses semblables sur le bon, l'utile et le juste que la nature l'aurait pourvu du langage.
  • autrui : Un autre homme, une autre personne. En philosophie, "autrui" est ce qui est différent de moi et que l'appréhende par ma subjectivité. L'homme est ce que j'ai en commun avec les autres, tandis qu' "autrui" est ce qui me différencie des autres, ce que je ne peux connaître totalement, à cause de ma subjectivité.
  • chose : 1. Désigne la réalité (res en latin : chose) en gén. ; cf. DESCARTES : « chose pensante » (âme), « chose étendue » (matière). 2. Désigne la réalité, envisagée comme déterminée et statique, existant hors de la représentation ; en ce sens, KANT utilise l'expression « chose en soi ». 3. (Par ext.) À partir du sens 2, désigne la réalité inanimée, hors de son rapport à la pensée (le monde des choses). Rem. : la chose se distingue de l'objet en ce que ce dernier est construit ; cela n'implique pas que la chose soit chose en soi ; ce qui est chose se constitue comme ce qui est maniable, ce qui est disponible ; autrement dit, l'objet se réfère à la pensée, la chose à l'action ; le monde des choses, c'est le monde qui se détermine dans la pratique, et y résiste ; à partir du sens 3, le réaliste confond volontiers la chose et l'objet (cf. DURKHEIM : « Il faut considérer les faits sociaux comme des choses »). 4. Chosisme : attitude qui consiste à considérer la réalité comme une chose au sens 2.
  • moyen : Ce qui sert à la réalisation d'une fin: "La fin justifie les moyens."
  • besoin : Ce qui est nécessaire à l'existence, à la conservation ou au développement d'un être vivant. En dehors des besoins strictement vitaux (boire, manger, dormir), on peut identifier chez l'homme des besoins spirituels et moraux (aimer, être aimé, être reconnu, etc.) dont semble dépendre son épanouissement.

Problématique

  • Le sujet prend la forme d'une question fermée, à laquelle il s'agira de répondre par « oui » ou « non » en conclusion, au terme d'une argumentation documentée.
  • Le travail peut être défini comme l'activité consistant à transformer la nature (au sens large) en vue de la satisfaction de besoins. Il est donc avant tout un moyen dont la fin est de subvenir aux besoins. Le sujet nous invite à nous demander s'il n'est que ça :
    • Il pourrait en effet être le moyen d'autres fins, comme le divertissement, par exemple.
    • On pourrait également l'envisager non plus comme simple moyen mais comme une fin en soi. Dans ce cas, il faudrait se demander ce qui en fait une valeur.
    • Il peut encore être un moyen qui ne subviendrait pas à tous nos besoins. Il convient alors d'identifier le type de besoins auxquels il répond, et de les distinguer ce ceux auxquels il ne répond pas.
    • En radicalisant cette dernière perspective, on pourrait même aller jusqu'à nier qu'il fut un moyen. Mais alors à quoi sert-il ? Est-il même justifié ?
  • La question de savoir pour qui il est un moyen recoupe ce que nous venons de dire : l'est-il pour celui qui travaille ou pour quelqu'un d'autre ? Ceci soulève la question de sa légitimité.

Si le travail est un moyen de subvenir à nos besoins, et que par ailleurs, nous reconnaissons que nous avons des besoins et ne pouvons pas y échapper, n'est-il pas alors plutôt une nécessité ? Prétendre qu'il est un moyen laisse en effet entendre qu'il serait un moyen parmi d'autres. Or l'expérience quotidienne tend à montrer le contraire. Mais dira t-on du travail qu'il est encore un moyen s'il est le seul moyen ? Ce qui s'impose à nous n'est plus un moyen mais devient au contraire une nécessité.

I – Le travail est-il un moyen ou une nécessité ?

S'il n'est que simple nécessité, alors nous aurons répondu à la question de notre sujet. En revanche, s'il est moyen et non nécessité, c'est qu'il est moyen d'autre chose que de nos besoins. D'où cette seconde question :

II – De quoi est-il le moyen (s'il l'est) ?



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